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Affaire Kendoumaya : les inquiétudes du Père Paul Tamba Kamano depuis Rome en Italie

Mes inquiétudes,
Mes interrogations,
Au peuple de Guinée,
Aux gouvernants et aux gouvernés.
Ma constante préoccupation de mettre en honneur la justice sociale, préconisant la radicale égalité de tous les citoyens guinéens dans leurs droits fondamentaux, par-delà les particularités religieuses, socio-culturelles, ethniques et politiques suscite en moi ces inquiétudes et ces interrogations à la veille des élections présidentielles du 18 octobre 2020 : À quand l’instauration d’un État de droit en Guinée ? À quand l’avènement de la Démocratie ? De qui nous viendra le salut ?

En effet, face aux dérives de la sociéte guinéenne, face à la déshumanisation des institutions et à la violation répétée des droits inaliénables de la dignité humaine et le non respect du principe de la laïcité, mon coeur saigne, j’ai honte de l’élite de mon pays, je suis inquiet et je demande au Maître du temps et de l’histoire, au Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, de dôter la Guinée d’un État de droit.

Un État de droit sur le plan moral et juridique, est un État qui s’engage dans la promotion des valeurs démocratiques et la défense des droits humains. Cette défense des droits exige le respect et l’application de la loi éclairée par la lumière de la conscience, de manière impartiale et juste. C’est seulement au prix de ce respect strict de la loi par les gouvernants et les gouvernés que peuvent être garanties la bonne gestion du bien commun et la sécurité de tous les citoyens. Cette pédagogie exige la liberté et l’égalité qui sont des valeurs importantes pour la restauration d’une véritable Démocratie et d’un État de droit digne de nom.

L’absence de ces valeurs dans un pays compromet la stabilité politique et sociale et hypothèque le potentiel humain et économique. Cela engendre inévitablement la corruption, l’impunité, les violences contre les minorités et ouvre la porte aux déviances de tous genres. Ces excès sont révélateurs de la crise morale qui a pour conséquence la perte ou la négligence des valeurs fondatrices de l’équilibre individuel, social et cosmique. On peut donc dire que dans un État de droit, les principes fondamentaux de la dignité de la personne humaine, de la liberté de conscience et de pratiquer sa religion, de la liberté d’expression et de l’égalité sont sécurisés. La religion est la plus grande expression de la liberté de l’homme parce qu’elle se situe au sein du domaine inviolable et intime de la conscience humaine. La plus grande de toutes les libertés est donc la liberté religieuse et de conscience.

Malheureusement, la culture politique guinéenne forme une génération de « politiciens » sans conscience religieuse dont la morale reste au niveau de l’instinct, et dont l’idéal se limite au culte du moi; ce qui compromet l’avenir du pays. Car priver l’homme de Dieu, c’est le priver de sens, donc le tuer lentement mais sûrement en supprimant en lui l’espérance.
Notre pays a aujourd’hui besoin de dirigeants qui incarnent la vérité, la justice, le patriotisme agissant, la paix, la cohésion sociale, l’équité, les respect des lois mais il a surtout besoin des hommes et des femmes au service de Dieu et de l’homme. Les serviteurs de l’État sont ceux et celles qui se mettent au service de toute la Nation sans distincion de religion, d’ethnie, de région ou de formation politique.

La Guinée est un pays où la pratique de la laïcité devrait contribuer efficacement à la promotion de la culure de la paix et la mise en oeuvre des stratégies de dévéloppement fondées sur la fraternité et la solidarité humaines. En paraphrasant Christine Boutin, femme politique française, je dirais que la laïcité doit être désormais définie non seulement comme distinction entre le politique et le religieux, mais comme une contribution nécessaire des religions à la contruction de la société. Que l’État guinéen se penche sur la situation qui sévit entre les Communautés religieuses ou des institutions installées à Kendoumayah et les autorités préfectorales de coyah afin d’éviter la violence et rétablir la justice et la vérité.

Depuis l’avènement de l’indépendance en 1958 et malgré les gouvernements qui se succèdent, la République de Guinée n’est pas parvenue à sortir de la violence et de la misère. Le pays est tenu en otage, ce qui paralyse la promotion humaine, la consolidation des institutions de l’État, la mise en oeuvre du programme de dévéloppement, la mise en valeur et la gestion rationnelle des ressources naturelles.

Après soixante-deux ans d’indépendance, il est plus facile aujourd’hui d’enseigner la foi catholique aux juifs que de leur faire comprendre que l’un des pays les plus riches de l’Afrique et du monde ( scandale géologique, château d’eau d’Afrique de l’Ouest) habrite les populations les plus pauvres de la planète terre.

Quand on parcout le pays, il est terrifiant de rouler sur des voies sans butume, de rencontrer des villages et des villes non éclairés, sans eau et sans infrastructures sanitaires.

À quand la construction ?

 

Père Paul Tamba Kamano (Rome Italie)

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