Les débats sur la future Constitution guinéenne prennent une nouvelle tournure après la déclaration du ministre des Affaires étrangères, Dr Morissanda KOUYATÉ, qui a affirmé lundi que le texte fondamental était « déjà prêt ». Une affirmation qui a suscité une réaction immédiate de Jean-Paul KOTEMBÈDOUNO, conseiller au Conseil National de la Transition (CNT).
Dans une publication sur sa page Facebook, KOTEMBÈDOUNO remet en cause la légitimité du chef de la diplomatie guinéenne à s’exprimer sur l’état d’avancement de la nouvelle Constitution. « Si la loi organique portant RI [règlement intérieur] du CNT confère au président de celui-ci compétence pour représenter et parler au nom de l’institution, c’est parce qu’il sait tout ce qui s’y passe », rappelle-t-il.
Critiquant la sortie du ministre, le conseiller du CNT souligne que, par nature, un chef de la diplomatie ne dispose pas, à priori, des informations internes sur les travaux de rédaction de la Constitution. « Un ministre des Affaires étrangères n’en sait absolument rien, par principe, au départ », tranche-t-il, avant d’ajouter que pour en parler avec justesse, il aurait dû s’informer au préalable.
Jean-Paul KOTEMBÈDOUNO insiste sur la nécessité, pour un ministre des Affaires étrangères, de mesurer l’impact de ses déclarations sur la scène internationale. « En général, la prudence dans les déclarations et la subtilité dans les choix terminologiques sont des éléments de l’identité des diplomates de formation ou, même uniquement, de fonctions », conclut-il, soulignant ainsi une certaine légèreté dans les propos de Dr Morissanda KOUYATÉ.
Cette mise au point du conseiller du CNT relance le débat sur la transparence du processus de rédaction de la future Constitution et la communication autour de ce sujet sensible.
À suivre !
Saa Joseph KADOUNO