Souleymane Souza KONATE, Président de la Commission Communiste de l’ANAD et Conseiller Chargé de communication de Cellou Dalein DIALLO, s’exprime avec véhémence sur les dernières annonces concernant le processus électoral en Guinée. Dans un entretien avec GUINEEPANORAMA, il critique tant la promesse du Général Mamadi DOUMBOUYA de décréter un référendum au premier trimestre 2025 que la récente décision de remplacer le RAVEC par un recensement biométrique des citoyens.
« Depuis des mois, nous dénonçons avec constance la dérive autoritaire du Conseil National du Rassemblement pour le Développement (CNRD) et sa volonté manifeste de confisquer le pouvoir, foulant aux pieds les principes démocratiques », déclare KONATE.
Selon lui, l’annonce faite par le Général DOUMBOUYA promettant un décret pour organiser un référendum suivi d’élections avant la fin de l’année ne serait qu’une manœuvre de diversion destinée à masquer l’absence de véritables réformes démocratiques. L’orateur insiste sur le fait que ces promesses répétées se soldent invariablement par des actes manqués, et que le cœur du problème réside dans l’absence de volonté réelle de mettre en place un processus électoral transparent.
Le Conseiller à la communication de Dalein s’attaque ensuite au dossier du fichier électoral. Il rappelle que le fichier utilisé lors de la présidentielle du 18 octobre 2020 avait fait l’objet d’une validation par l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) et la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). « Il aurait suffi d’actualiser ce fichier en retirant les personnes décédées et en intégrant les nouveaux électeurs. »
Pourtant, le CNRD a persisté dans l’utilisation du Recensement Administratif à Vocation d’État Civil (RAVEC), jugé par KONATE comme un prétexte fallacieux pour retarder la transition.
Après plusieurs échecs, notamment le non-paiement des agents chargés du recensement, le CNRD abandonne brusquement le RAVEC pour imposer un recensement biométrique, décision que le porte-parole estime irréaliste et vouée à générer chaos et fraude.
Souza KONATE souligne également un autre point sensible : l’exclusion des partis politiques des commissions de recensement, qui ne fait qu’accroître la méfiance et ouvrir la voie à d’éventuelles manipulations. Il met en exergue le rôle préoccupant du ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation (MATD), désormais entièrement militarisé. « Gouverneurs, préfets, sous-préfets et autres responsables locaux, tous nommés par la junte, ont déjà orchestré par le passé des fraudes électorales, des bourrages d’urnes et même des actes de violence. »
Pour KONATE, ces pratiques ne peuvent mener qu’à des mascarades électorales, privant ainsi le peuple de la possibilité de choisir librement ses dirigeants.
Le message de Souleymane Souza KONATE est clair : le Général Mamadi DOUMBOUYA doit mettre un terme à ces manœuvres dilatoires et revenir aux fondamentaux d’une transition responsable. Selon lui, il est impératif de cesser ces pratiques qui ne font que renforcer l’emprise du pouvoir en place et d’organiser des élections crédibles et transparentes. Pour le porte-parole, la Guinée ne peut plus être prise en otage par des pratiques autoritaires et frauduleuses qui sapent les fondements mêmes de la démocratie.
Saa Joseph KADOUNO